Le sommet extraordinaire de l'Union africaine clôture ses travaux par la publication d'une décision sur le règlement pacifique de la crise libyenne
Nouakchott, 26/05/2011 - Le sommet extraordinaire de l'Union africaine consacré à la situation sé
Nouakchott, 26/05/2011 - Le sommet extraordinaire de l'Union africaine consacré à la situation sécuritaire dans le continent africain a clôturé ses travaux jeudi matin à Addis Abéba en présence du Président de la République, Monsieur Mohamed ould abdel Aziz, président du comité ad-hoc de haut niveau sur la libye et d'autres dirigeants africains, de représentants d'organisations internationales et régionales et des partenaires de l'Union africaine .A l'issue de cette réunion, le sommet a rendu publique une décision sur le règlement pacifique de la crise libyenne.
Voici le texte de cette décision:
"La conférence de l'Union, lors de sa session extraordinaire tenue à Addis-Abeba, en Ethiopie, le 25 mai 2011, pour délibérer sur l'état de la paix et de la sécurité en Afrique, a examiné de façon approfondie la situation en Libye, à la lumière du rapport du Président de la Commission [EXT/Assembly/AU/2. (01.2011)], ainsi que de la communication présentée par le Comité ad hoc de haut niveau de l'UA sur la Libye.
La conférence après avoir rappelé tous les communiqués antérieurs du Conseil de paix et de sécurité (CPS) sur la situation en Libye, a exprimé sa profonde préoccupation face à la situation actuelle et à ses conséquences pour la population civile et la stabilité à long terme de la Libye, ainsi que pour les pays de la région.
La Conférence a réitéré sa conviction que seule une solution politique au conflit actuel permettra de promouvoir une paix durable en Libye et de répondre aux aspirations légitimes du peuple libyen à la démocratie, à l'Etat de droit, au respect des droits de l'homme et à la bonne gouvernance. A cet égard, la Conférence a souligné la pertinence de la Feuille de route de l'UA pour le règlement de la crise en Libye, tel qu'adopté par le CPS, lors de sa 265ème réunion tenue le 10 mars 2011.
La Conférence a réitéré la nécessité d'une cessation immédiate de toutes les attaques et exactions contre la population civile, ainsi que d'un cessez-le-feu immédiat, comme l'exige la résolution 1973 (2011) et le CPS, sous la surveillance d'un mécanisme international crédible et efficace.
En attendant l'établissement d'un tel cessez-le-feu, et compte tenu de la situation humanitaire catastrophique qui prévaut sur le terrain comme l'a notamment souligné la Secrétaire générale adjointe des nations Unies aux Affaires humanitaires et Coordinatrice des Secours d'urgence, la Conférence a exigé une trêve immédiate dans les combats et dans la campagne aérienne menée par l'OTAN, afin de donner un répit à la population civile, d'atténuer ses souffrances et de permettre l'acheminement de l'assistance humanitaire tant nécessaire à tous ceux qui en ont besoin. A cet égard, la Conférence est de l'avis mûrement réfléchi que la poursuite des opérations militaires de l'OTAN risque de saper l'objectif même pour lequel cette opération a été originellement autorisée, à savoir la protection de la population civile, et de compliquer toute transition vers un système démocratique en Libye.
La Conférence a demandé au CPS d'examiner avec diligence et d'autoriser le déploiement immédiat d'une mission d'observation de l'UA pour suivre de prés la situation, fournir une évaluation indépendante des développements sur le terrain et faciliter la mise en place ultérieure d'une mission internationale plus large qui impliquerait les Nations Unies, la Ligue des Etats arabes, l'UA et d'autres organisations. La Conférence en a appelé aux Parties libyennes pour qu'elles coopèrent pleinement avec la mission d'observation envisagée et aux partenaires pour qu'ils contribuent à son succès.
Tout en réitérant l'attachement de l'UA aux résolutions 1970 (2011) et 1973 (2011), la Conférence a souligné l'obligation qui incombe à tous les Etats membres et aux autres acteurs internationaux de se conformer pleinement à la lettre et à l'esprit de ces résolutions. La Conférence a exprimé sa profonde préoccupation face au précèdent dangereux qui est en train d'être créée par des interprétations unilatérales de ces résolutions pour donner une base légale à des actions militaires et autres sur le terrain qui sont clairement en dehors de leur champ d'application et pourraient contribuer à saper les efforts visant à édifier un ordre international fondé sur la légalité. La Conférence a prié le Groupe africain à New York et les membres africains du Conseil de sécurité des Nations Unies à prendre toutes les mesures nécessaires pour que cette question soit abordée aussi bien au niveau du Conseil de sécurité lui-même que de l'Assemblée générale, de la manière la plus appropriée.
La Conférence a souligné que le cessez-le-feu, tel qu'envisagé plus haut, devrait conduire à l'établissement d'une période transitoire consensuelle et inclusive, pendant laquelle seraient menées à bien les réformes nécessaires pour répondre aux aspirations légitimes du peuple libyen, étant entendu que cette transition culminerait avec la tenue d'élections pour permettre aux libyens de choisir librement leurs dirigeants.
La Conférence a réaffirmé la contribution unique que le Comité ad hoc pourrait apporter à la recherche d'une solution pacifique au conflit en Libye, conforme aux objectifs des résolutions 1970 (2011) et 1973 (2011), dans le contexte global du Chapitre VIII de la Charte des Nations Unies sur le rôle des arrangements régionaux dans le règlements des différends entre et au sein de leurs Etats membres.
En conséquence, la Conférence, exprimant une fois de plus l'appréciation de l'UA pour le travail accompli jusqu'ici par le Comité ad hoc, lui a demandé de poursuivre et d'intensifier ses efforts, notamment en entreprenant une visite à Tripoli et à Benghazi pour faire avancer la recherche d'une solution politique au conflit, y compris la mise en place rapide d'une période de transition consensuelle, sur la base de la Feuille de route de l'UA et des propositions qui pourraient être soumises par les Parties. La Conférence a également prié le Comité ad hoc de dépêcher, le plus tôt possible, une délégation ministérielle à New York, pour interagir avec le Conseil de sécurité et ses membres sur les efforts de l'UA et la voie à suivre en Libye.
La Conférence s'est félicitée de la tenue au Caire, le 30 mai 2011, d'une réunion qui regroupera l'UA, la Ligue des Etats arabes, l'Organisation de la Conférence Islamique, l'Union européenne et les Nations Unis, pour élaborer des mesures concrètes pour un cessez-le-feu et le lancement d'un processus politique menant à une solution durable à la crise.
La Conférence a exprimé sa grave préoccupation face au sort des travailleurs migrants africains vivant en Libye et de celui d'entre eux qui tentent de quitter le pays, rappelant la mort en mer de plusieurs centaines de personnes, essentiellement des ressortissants africains, après que leur bateau a coulé. La Conférence a rappelé aux pays et organisations dont les navires patrouillent en Mer Méditerranée l'obligation qui pèse sur eux de porter assistance à tous les bateaux en provenance de la Libye, ainsi que la nécessité de respecter le principe humanitaire du non-refoulement des eaux territoriales et des territoires de l'Europe pour les milliers de personnes fuyant la guerre qui ravage la Libye.
La Conférence a rendu hommage aux pays voisins de la Libye, en particulier l'Egypte et la Tunisie, pour avoir accueilli des centaines de milliers de civils, y compris des africains, fuyant les violences en Libye. La Conférence les a félicités pour leur générosité et leur hospitalité, exprimant l'espoir que l'exemple qu'ils ont donné sera suivi ailleurs.
La Conférence forme l'espoir du renforcement du rôle de l'Union Africaine dans le processus menant au règlement pacifique de la crise libyenne, et demande à la Commission de lui soumettre un rapport sur l'évolution de la situation et les progrès accomplis dans la mise en oeuvre de la présente décision à sa prochaine session ordinaire à Malabo, en Guinée équatoriale".
Date de publication : 26/05/2011 21:40:37 width="200" valign="top">



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