Egypte: le président Moubarak va prononcer un discours et les mouvements de contestation prennent de l'ampleur
Nouakchott , 01/02/2011 - Le président égyptien Hosni Moubarak va prononcer "un discours importa
Nouakchott , 01/02/2011 - Le président égyptien Hosni Moubarak va prononcer "un discours important" sous peu, a annoncé la télévision d'Etat dans un bandeau au bas de l'écran mardi soir, au huitième jour d'une révolte populaire qui réclame son départ .Dans son discours, le président Moubarak va "s'adresser au peuple" égyptien, ajoute la télévision.
Cette annonce survient alors que l'Egypte a connu mardi les manifestations les plus importantes depuis le début de la révolte populaire qui continue de réclamer le départ du président Moubarak malgré une série de mesures et décisions prises par le régime pour tenter d'apaiser la contestation.
A ce sujet, le président américain Barack Obama a demandé à son homologue égyptien Hosni Moubarak de ne pas se présenter aux prochaines élections prévues en septembre, dans un message transmis par un ancien ambassadeur américain en Egypte, révèle mardi le New York Times.
Cette demande a été transmise par Frank Wisner, qui s'est rendu au Caire lundi à la demande de l'administration américaine, indique l'influent journal en citant des diplomates américains.
"Le message transmis par M. Wisner, ont dit ces diplomates, n'était pas une demande directe pour qu'il (M. Moubarak) quitte tout de suite le pouvoir, mais il lui conseille d'engager un processus en vue d'une réforme qui culminera avec des élections libres et justes en septembre pour élire un nouveau dirigeant égyptien", écrit le Times.
Cela pourrait indiquer que l'administration américaine est en train de retirer son soutien à un des ses plus proches alliés dans la région.
Plus tôt mardi, un responsable américain a révélé que l'ambassadrice des Etats-Unis au Caire, Margaret Scobey, s'était entretenue au téléphone avec Mohamed ElBaradei, chef de file de l'opposition égyptienne.
La mobilisation populaire contre M. Moubarak a atteint une nouvelle ampleur mardi avec le rassemblement de centaines de milliers d'Egyptiens dans les rues à l'appel de l'opposition pour obtenir le départ du dirigeant au pouvoir depuis trois décennies.
Sur le terrain, centaines de milliers d'Egyptiens ont envahi mardi les rues pour la plus importante mobilisation en huit jours de contestation contre le président Hosni Moubarak, qui devait s'adresser sous peu à la nation.
A la faveur du soutien de la toute-puissante armée, qui s'est engagée à ne pas tirer sur eux, hommes, femmes, enfants et vieillards ont manifesté pour exiger le départ de M. Moubarak, au pouvoir depuis près de 30 ans.
Aucun incident violent n'a été enregistré lors des manifestations tenues à l'appel de l'opposition pour la "marche d'un million" au Caire et à Alexandrie contre leur président accusé de tous les maux -pauvreté, chômage, violation des libertés, corruption et verrouillage politique.
Mohamed ElBaradei, la figure la plus en vue de l'opposition, a appelé M. Moubarak à partir "au plus tard vendredi", en se prononçant pour "une sortie honorable" du président.
Washington a en outre ordonné le départ du personnel non essentiel de leur ambassade.
Même s'il continue de manière pacifique, le mouvement de contestation, du jamais vu depuis l'arrivée de M. Moubarak au pouvoir en 1981, a fait depuis le 25 janvier au moins 300 morts selon un bilan non confirmé de l'ONU, et des milliers de blessés.
Dans le centre du Caire, la grande place Tahrir (place de la Libération), épicentre du mouvement, a été prise d'assaut par une marée humaine. L'atmosphère y était très festive, les manifestants, dansant et chantant en conspuant le président égyptien.
La foule commençait à se disperser en soirée, mais la place Tahrir restait pleine de monde. De petits groupes se sont installés pour dîner et se préparent à passer la nuit sous les tentes malgré le couvre-feu en vigueur dans la capitale et deux autres villes de 15H00 (13H00 GMT) à 08H00 (06H00 GMT).
L'armée a fermé le matin les accès à la capitale et à d'autres villes, et des hélicoptères ont survolé régulièrement le centre du Caire. Le trafic ferroviaire avait été interrompu pour empêcher un déferlement sur la capitale.
A Alexandrie, deuxième ville du pays sur la Méditerranée, des centaines de milliers de personnes se sont rassemblées devant la mosquée Qaëd Ibrahim et la gare ferroviaire.
Des dizaines de milliers de manifestants se sont également rassemblés à Suez (est), à Mansoura, à Tanta et à Mahalla, dans le Delta.
En début de soirée, les gens ont commencé à rentrer chez eux, alors que l'insécurité règne dans le pays en raison des pillards apparus aux premiers jours de la contestation après le retrait de la police. Celle-ci, haïe par les manifestants sur lesquels elle avait tiré, est réapparue lundi.
Pour mobiliser les manifestants, les groupes issus de la société civile, soutenus par M. ElBaradei, une partie de l'opposition laïque et les Frères musulmans, force d'opposition la plus influente, ont compté sur le bouche à oreille, Internet restant bloqué et le service de messagerie mobile perturbé.
Après une semaine de protestations, les contrecoups économiques de la révolte se font sentir. Les touristes, l'une des principales sources de revenus pour l'Egypte, ont renoncé à venir, et les étrangers prennent la fuite.
Banques et Bourse restent fermées, alors le carburant manquait et les Egyptiens faisaient leurs provisions.
Néanmoins plusieurs banques publiques vont alimenter leurs distributeurs automatiques et prendre les mesures nécessaires pour payer les salaires des employés du secteur public mercredi, selon un responsable de la Banque centrale cité par l'agence Mena.
Après Moody's, l'agence de notation Standard and Poor's a abaissé d'un cran la note de l'Egypte. Mais le Fonds monétaire international s'est dit prêt à aider l'Egypte. L'Unesco a lancé un appel à la sauvegarde du patrimoine de l'Egypte, réclamant des mesures pour protéger "les trésors" du pays.
De nombreux Etats continuent de dépêcher des avions pour rapatrier leurs ressortissants, à qui ils ont déconseillé de se rendre en Egypte, et la plupart des voyagistes européens y ont annulé les séjours jusqu'à la mi-février.
Source: AMI



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