Présidentielle: Moubarak veut alléger les conditions de candidature
Le Caire,, 01/02/2011 - Le Président égyptien Hosni Moubarak a annoncé mardi soir qu'il ne serait
Le Caire,, 01/02/2011 - Le Président égyptien Hosni Moubarak a annoncé mardi soir qu'il ne serait pas candidat à la présidentielle de septembre, dans un discours officiel retransmis mardi soir à la télévision nationale à l'issue de huit jours de contestation populaire demandant son départ .Le président égyptien s'est également engagé à faire réviser les articles 76 et 77 de la constitution de manière à alléger les conditions de candidature à la présidentielle.
Il a demandé, en outre, au gouvernement qu'il vient de mettre en place, de sévir contre les auteurs de violences contre les citoyens et des spoliations de biens publics et privés.
M. Moubarak a passé en revue sa carrière militaire et présidentielle disant que "sur la terre d'Egypte, qu'il a défendue, il est né et sur cette terre il mourra" avant de dire qu'il fera le reste de son mandat pour permettre une transmission sans heurts du pouvoir.
Ce discours intervient alors que l'Egypte vient de connaître mardi les manifestations les plus importantes depuis le début de la révolte populaire qui continue de réclamer le départ du président Moubarak malgré une série de mesures et décisions prises par le régime pour tenter d'apaiser la contestation.
A ce sujet, le président américain Barack Obama a demandé à son homologue égyptien Hosni Moubarak de ne pas se présenter aux prochaines élections prévues en septembre, dans un message transmis par un ancien ambassadeur américain en Egypte, révèle mardi le New York Times.
Cette demande a été transmise par Frank Wisner, qui s'est rendu au Caire lundi à la demande de l'administration américaine, indique l'influent journal en citant des diplomates américains.
"Le message transmis par M. Wisner, ont dit ces diplomates, n'était pas une demande directe pour qu'il (M. Moubarak) quitte tout de suite le pouvoir, mais il lui conseille d'engager un processus en vue d'une réforme qui culminera avec des élections libres et justes en septembre pour élire un nouveau dirigeant égyptien", écrit le Times.
Plus tôt mardi, un responsable américain a révélé que l'ambassadrice des Etats-Unis au Caire, Margaret Scobey, s'était entretenue au téléphone avec Mohamed El Baradei, chef de file de l'opposition égyptienne.
La mobilisation populaire contre M. Moubarak a atteint une nouvelle ampleur mardi avec le rassemblement de plus d'un million d'Egyptiens dans les rues à l'appel de l'opposition pour obtenir le départ du dirigeant au pouvoir depuis trois décennies.
Sur le terrain, des centaines de milliers d'Egyptiens ont envahi mardi les rues pour la plus importante mobilisation en huit jours de contestation contre le président Hosni Moubarak.
A la faveur du soutien de la toute-puissante armée, qui s'est engagée à ne pas tirer sur eux, hommes, femmes, enfants et vieillards ont manifesté pour exiger le départ de M. Moubarak, au pouvoir depuis près de 30 ans.
Aucun incident violent n'a été enregistré lors des manifestations tenues à l'appel de l'opposition pour la "marche d'un million" au Caire et à Alexandrie contre leur président accusé de tous les maux -pauvreté, chômage, violation des libertés, corruption et verrouillage politique.
Mohamed El Baradei, a appelé M. Moubarak à partir "au plus tard vendredi", en se prononçant pour "une sortie honorable" du président.
Même s'il continue de manière pacifique, le mouvement de contestation, du jamais vu depuis l'arrivée de M. Moubarak au pouvoir en 1981, a fait depuis le 25 janvier au moins 300 morts selon un bilan non confirmé de l'ONU, et des milliers de blessés.
Dans le centre du Caire, la grande place Tahrir (place de la Libération), épicentre du mouvement, a été prise d'assaut par une marée humaine. L'atmosphère y était très festive, les manifestants, dansant et chantant en conspuant le président égyptien.
L'armée a fermé le matin les accès à la capitale et à d'autres villes, et des hélicoptères ont survolé régulièrement le centre du Caire. Le trafic ferroviaire avait été interrompu pour empêcher un déferlement sur la capitale.
A Alexandrie, deuxième ville du pays sur la Méditerranée, des centaines de milliers de personnes se sont rassemblées devant la mosquée Qaëd Ibrahim et la gare ferroviaire.
Des dizaines voire des centaines de milliers de manifestants se sont également rassemblés à Suez (est), à Mansoura, à Tanta et à Mahalla, dans le Delta.
Après une semaine de protestations, les contrecoups économiques de la révolte se font sentir. Les touristes, l'une des principales sources de revenus pour l'Egypte, ont renoncé à venir, et les étrangers prennent la fuite.
Banques et Bourse restent fermées, alors le carburant manquait et les Egyptiens faisaient leurs provisions.
Néanmoins plusieurs banques publiques vont alimenter leurs distributeurs automatiques et prendre les mesures nécessaires pour payer les salaires des employés du secteur public mercredi, selon un responsable de la Banque centrale cité par l'agence Mena.
Après Moody's, l'agence de notation Standard and Poor's a abaissé d'un cran la note de l'Egypte. Mais le Fonds monétaire international s'est dit prêt à aider l'Egypte. L'Unesco a lancé un appel à la sauvegarde du patrimoine de l'Egypte, réclamant des mesures pour protéger "les trésors" du pays.
De nombreux Etats continuent de dépêcher des avions pour rapatrier leurs ressortissants, à qui ils ont déconseillé de se rendre en Egypte, et la plupart des voyagistes européens y ont annulé les séjours jusqu'à la mi-février.
Source: AMI



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