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"La Méditerranée et la crise économique"

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HAMMAMET - «La Méditerranée et la crise économique» a constitué le thème principal du quatrième panel, tenu à l’occasion de la XIIème session du forum international de la revue « Réalités », organisé, à Hammamet, les 23 et 24 avril, sous le thème «les perspectives géopolitiques en Méditerranée 2010 et après» Ce panel qui a pris la forme d’un échange d’idées entre le public présent et les panelistes, s’est focalisé sur l’impact de la crise économique dans la zone Méditerranée.

M. Ahmed El Karam, vice-président de l’Amen Banque, a regretté pour sa part, les reflexes protectionnistes adoptés par certains pays européens, qui ont entrepris séparément des plans de relance économique, non concertés et à portée limitée.

Il a précisé que l’Union européenne (UE) avait mobilisé d’importants fonds pour soutenir l’économie des pays d’Europe de l’Est, sans prendre d’initiative similaire au profit des pays du sud de la Méditerranée, partenaires de l’Europe.

Il a déclaré que le Maghreb, qui est l’une rares zones émergentes peu touchées par la crise actuelle, est une opportunité et un élément de reprise pour les économies européennes, appelant à la création d’une banque méditerranéenne d’investissement et de développement, ossature financière de tout projet d’intégration économique crédible et viable.

M. Hassan Abouyoub, ambassadeur itinérant du royaume du Maroc, a souligné que l’actuelle crise a eu un effet paralysant sur le projet d’intégration méditerranéenne, le plaçant dans un «état de léthargie» qui favoriserait selon lui, le statu quo.

Sortir de la crise nécessite selon M. Hakim Ben Hammouda, directeur de l’Institut de formation et de la division de la coopération technique, à l’Organisation mondiale du commerce OMC (Genève), de répondre à quatre conditions préalables.

La première condition serait que les Etats assurent le sauvetage des banques en difficultés, dans le but d’éviter l’effondrement des marchés financiers. 

La deuxième consiste à relancer les économies par d’importants investissements des pouvoirs publics et à doper la consommation.

La troisième condition serait une réforme structurelle du système financier mondial lequel sera assujetti à de nouvelles règles de régulation empêchant la «prédation économique» et la spéculation à outrance. Dernier point avancé, l’encouragement et l’appui aux petites et moyennes entreprises (PME), génératrices d’emplois et de richesses pour l’économie.

Les PME devraient donc être soutenues par l’investissement, les incitations et législations pour renforcer leur résistance face aux contrecoups de la crise.

Les panélistes ont par ailleurs souligné la nécessite de fixer au projet d’intégration euro-méditerranéen des objectifs clairs, par la mise en place d’un cadre politique ou un traité fédérateur, assurant un schéma de financement viable à l’UPM, favorisant une assise populaire au projet notamment par la libre circulation des biens et marchandises, et le renforcement de la dimension sociale de ce projet.

Pour sa part, M. Tahar Sioud, ancien ministre tunisien des Finances, a expliqué à son auditoire, que les mesures prudentielles et préventives au niveau de la politique monétaire tunisienne avaient permis de limiter les effets de la crise en Tunisie.

Il a avancé l’idée que les situations de crise étaient également des opportunités pour attirer les investissements directs étrangers (IDE), relancer le projet de l’Union du Maghreb Arabe (UMA) et assurer à la région une place de masse critique dans une économie mondialisée soumise aux injonctions de regroupements économiques régionaux puissants et influents.

TAP

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