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Esquisses de réponses régionales à la crise

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TUNIS - Les intervenants au 3ème panel du forum organisé, jeudi, à Tunis, par la Revue « l’Economiste Maghrébin » sur le thème « Tunisie-Maghreb-Europe, quelles réponses communes à la crise économique ? », ont développé de nouvelles approches de partenariat et de solidarité pour faire face aux éventuels effets pervers de la crise financière internationale, laquelle peut, selon eux, présenter, malgré ce risque, des opportunités à saisir.

M. Hadj Nacer, ancien gouverneur de la Banque Centrale d’Algérie (BCA) a plaidé en faveur d’une solidarité régionale et a indiqué que les pays du Maghreb sont appelés à adopter de nouveaux modèles de développement.

En plus clair, encore, les pays du sud de la Méditerranée, a-t-il dit, gagneraient à réfléchir sur les moyens de « maintenir, chez eux, leurs jeunes compétences et une partie des richesses qu’ils exportent vers les pays du nord. Pour mémoire, les pays du sud exportent, chaque année, 10 milliards de dollars nets vers les pays du nord ».

Le conférencier s’est prononcé pour un partenariat équilibré et a appelé à dépasser la principale difficulté, celle de l’absence d’une intégration régionale, d’où l’enjeu d’établir une véritable solidarité régionale et de réinventer les business-modèles en général.

M. Christian de Boissieu, président du conseil d’analyses économiques a appelé, lui, à adopter des réformes profondes au niveau des rémunérations des dirigeants, à revoir l’éthique du capitalisme, à rétablir, dans le cadre du G8, la confiance entre l’opinion publique et les banques et à réfléchir, dès maintenant, sur la période post-crise d’autant plus que les jeunes, principaux sujets exposés au problème du chomage, sont, à ses yeux, les victimes potentielles de cette crise.

L’économiste a avancé, à cet effet, que les pays et les entreprises qui sortiront le mieux de la crise sont ceux qui, en ce moment, continuent d’agir et de raisonner à long terme, et partant, à investir dans la recherche innovation.

M. Boissieu, qui a mis en garde contre la montée d’un protectionnisme déguisé et insidieux, s’est inscrit en faux contre la création de nouvelles institutions et pour le regroupement des fonds de soutien financier dans le cadre d’une banque régionale qui aurait valeur de «symbole», voire de référentiel de financement.

M. Mohamed El Kettani, PDG d’Attijariwafa Bank (Maroc) a estimé, quant à lui, que l’Afrique sub-saharienne peut représenter un gisement de croissance pour les pays maghrébins. « Les pays de l’UMA (Union du Maghreb Arabe), a-t-il-dit, doivent réfléchir sur les avantages compétitifs qu’offre cet espace (proximité géographique, relation historique, taille de marché adaptée à l’offre maghrébine) ». Il a relevé que tout projet de conquête de ce marché par les pays maghrébins aura aussi pour avantages de réduire leur dépendance vis à vis de l’Europe, de diversifier les débouchés et de favoriser l’émergence de groupes privés maghrébins plus solides et plus compétitifs sur un terrain plus familier.

Pour réaliser l’intégration financière maghrébine, l’expert a recommandé l’octroi de licences aux banques maghrébines dans les pays du Maghreb, le rapprochement des bourses maghrébines en perspective de création d’une bourse maghrébine, l’entrée en fonction dans les meilleurs délais de la banque maghrébine de l’investissement et du commerce extérieur (BMICE), la création d’un fonds d’investissement maghrébin pour favoriser les co-investissements privés, l’éclosion de projets d’infrastructures communs et l’identification de mécanismes de coopération entre les banques centrales maghrébines en cas de difficultés.

TAP

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