«Il est primordial pour un réalisateur de pouvoir transmettre un univers»
Rachid Houmane, jeune réalisateur marocain, vient de sortir sa première fiction qu'il a réalisée en 2010 « Hadi Ou Touba ». Le mon
Rachid Houmane, jeune réalisateur marocain, vient de sortir sa première fiction qu'il a réalisée en 2010 « Hadi Ou Touba ». Le montage de ce téléfilm au contenu fédérateur a été fait à 2 semaines du Ramadan. Le Matin : Tout d'abord, pouvez-vous nous résumer votre parcours professionnel de réalisateur 'RACHID HOUMANE : Oui, bien sûr. En fait, j'ai été animateur à 2M, il y a de cela 13 ou 14 ans. Après cela, j'ai participé à la production et à la réalisation de plusieurs grandes émissions telle que Challenger. J'ai aussi participé à la réalisation de la série Lalla Fatéma et ce, sur deux saisons. Après cela, j'ai voyagé au Katar où j'ai travaillé comme producteur sénior à Al Jazeera Children avant de rentrer au Maroc pour être directeur des productions pour le compte de la société MaTv. Entre-temps, j'ai réussi à créer ma propre société de production qui a d'ailleurs produit le téléfilm Hadi Ou Touba.
Comment s'est opérée la transition vers le Cinéma '
J'ai toujours été passionné par le fait de raconter des histoires. C'est une passion qui ne date pas d'hier. En effet, il y a 7 ou 8 ans, j'ai commencé à écrire et je me rends compte chaque fois que j'entame un scénario de l'importance du fait d'avoir une histoire à raconter, quelque chose à dire. En fait, pour moi le métier de réalisateur repose sur les habilités qu'on a à raconter une histoire aux gens ; munis d'outils techniques comme la scénarisation. En ce qui me concerne, cela a toujours été un dilemme de choisir entre la production et la réalisation. Etant donné que je m'intéresse à tout, la fiction, la production d'émissions, la réalisation et à la fin c'est l'audimat qui décide de la qualité et du degré de réussite d'une 'uvre. Entre la production et la réalisation, il sera toujours difficile de trancher et faire un choix alors comme j'aime les deux, je vais continuer à les faire Inchallah.
A votre avis, quelles sont les compétences principales que doit avoir un réalisateur '
Pour moi, la principale compétence réside dans l'envie de raconter une histoire, de dire un message pour ne pas rester un réalisateur technicien. Il est primordial pour un réalisateur de pouvoir transmettre un univers, son univers, et avoir la capacité d'emmener les téléspectateurs dans cet univers. Après cela, viennent les petites touches qui relèvent de la technique. Un réalisateur, c'est avant tout une question d'intérêt, de passion, une motivation sans cesse renouvelée pour créer des personnages, raconter la réalité qui m'entoure. Je me rappelle encore des émotions que j'ai pu voir sur les visages du public qui ont assisté au visionnement de mon court-métrage Weekend qui a été primé durant le festival national du film marocain en 2005. Pour moi, ce sont là les instants qui couronnent le succès d'un bon réalisateur.
Comment pouvez-vous résumer ce nouveau film '
C'est l'histoire d'un jeune homme qui avait toute la vie pour lui. A 4 jours de son mariage, il a pris « rchoua » dans son travail et à partir de là il se retrouve esclave du cercle infernal de la corruption. On suit ce personnage dans son périple face aux problèmes que va lui créer le fait qu'il soit corrompu. J'ai donc essayé de parler de la corruption de manière légère bien que ce soit un des fléaux majeurs qui rongent notre société depuis toujours. C'est un film où il y a de la morale, je ne m'en cache pas. Il faut dire que pour ce film, je me suis inspiré de l'histoire du sniper de Targuist qui a filmé des policiers en flagrant délit de corruption. C'est un contexte de vie réelle pour rassembler un maximum de téléspectateurs devant leurs télévisions. C'est en tout un film accessible à tout le monde, de la grand-mère à la petite fille de 6 ans pour passer un bon moment.
Que pouvez-vous nous dire sur le personnage principal '
C'est avant tout un personnage porteur d'un message pour que les gens puissent prendre conscience d'un acte lourd de conséquences. Les gens corrompus sont nombreux au Maroc et il est important de ne pas fermer les yeux sur ce phénomène en le dénonçant. Tout le monde devrait se sentir concerné face à ce fléau et c'est ce que j'ai essayé de faire en touchant à toutes les catégories sociales pour une plus grande accessibilité.
Les moments qui vous ont marqué durant ce tournage '
Pour moi, ce que j'ai trouvé spécial, c'est le fait d'avoir réussi à réunir des comédiens connus comme Naima Ilyass, Souad Saber, Abdellatif Khamouli avec une autre génération de comédiens qui sont beaucoup plus jeunes, de les avoir rassemblés autour de mon idée, je trouve que c'est génial ! Aussi, j'avais devant moi des comédiens qui ont du plaisir à jouer avec cette simplicité de comédien modeste. Alors que, dans bien des cas, on se retrouve face à des comédiens qui n'ont rien fait dans leur carrière et qui arrivent à avoir la grosse tête.
Avez-vous des regrets face au résultat final '
Non, non, bien sûr. Quand on fait un film, au montage, on recherche toujours le meilleur mais je n'ai pas de regrets. Je pense avoir fait de mon mieux avec les moyens dont je disposais. Le film est là et je n'ai pas de regrets, je l'assume à 100% et je veux juste que cela plaise au public.
Un dernier mot sur le film et son réalisateur.
Le plus important, c'est le public. Répondre aux attentes du public est primordial. Cela d'une part et puis j'espère faire d'autres films fédérateurs et qu'il y ait une prise de conscience face au fléau de la corruption au sein de la société marocaine puisque tout le monde est touché, donc tout le monde devrait être concerné.
Quels sont vos projets d'avenir '
En ce moment, je suis en train de préparer un long-métrage pour le cinéma. Je suis dans la phase écriture de mon prochain film, je ne peux pas en dire plus. Comme je suis au début d'une écriture, je n'ai pas encore d'idée directrice pour en parler. Tout ce que je peux dire pour l'instant, c'est que ça sera un produit pour le cinéma. En espérant pouvoir mettre sur pied d'autres projets pour le cinéma marocain.
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Corruption, quand tu nous tiens !
Prendre conscience du danger de la corruption, c'est l'idée derrière ce téléfilm qui retrace l'histoire de Mehdi. Un jeune homme beau et accompli qui travaille en tant que cadre dans une administration. Amoureux de la belle Rihanna, son mariage est prévu dans 4 jours. L'intrigue commence lorsqu'une jeune femme vient le voir dans son bureau et essaye de le soudoyer pour qu'il signe un document. Mehdi accepte et prend l'argent proposé par la jeune entrepreneuse. La jeune femme lui annonce par la suite qu'elle a tout filmé et qu'elle compte le dénoncer en diffusant la vidéo sur internet. A partir de là, Mehdi se retrouve la proie d'une série d'évènements qu'il doit gérer, allant de son arrogante belle-mère « Lghalia » au scandale de la « rchoua » qu'il devra empêcher à tout prixSource: LE Matin



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